La vie est ailleurs

et je la cherche encore.

23 août 2006

Pas peur de la route

Alors il y a eu les trains de nuit, ceux dont on sort les vêtements froissés et un goût rance dans la bouche mais ces sensations se dissipent dès que l'on a fait trois pas dehors dans la ville, les sacs de voyageurs calés des épaules aux hanches comme les escargots qui portent leur maison sur leur dos, cheveux étalés par-dessus, Docs foulant l'asphalte, les auberges de jeunesse fonctionnelles rassemblant des dizaines d'inconnus d'origines différentes, Genova et ses murs criblés de tags altermondialistes, la piazza del Duomo de Firenze, nous avons allumé un cierge dans sa basilique parce que c'était joli, tous ces noms et quelques termes de base adoptés en VO, pasta à tous les repas, je me suis prise de passion pour les gnocchis quattro formaggi après en avoir mangé juste devant le Colosseo à Roma, et puis les anciennes thermes, les catacombes, les édifices religieux, encore et encore et encore.

NAPOLI

Etrangement c'est l'endroit que nous avons préféré du voyage, peut-être même à cause de sa laideur, une caractéristique qui vous saisit dès l'arrivée et vous saute à la gorge comme certaines odeurs fétides, après les splendeurs baroques, après les grandes avenues et les ruines majestueuses, Napoli est pauvre, bruyante, sale, une vraie métropole sud-américaine à l'insensée circulation, aux marchés de contrefaçons à la criée, aux chiens errants dans les parcs publics où viennent dealer une étonnante kyrielle de sa population à peau sombre. Un endroit pullulant de vie, dans ses bonnes et mauvaises consonnances, et rien d'une ville-musée comme ce que l'on avait vu jusqu'alors, la beauté du diable, pourrie par la camora, c'est-à dire la maffia locale comme nous l'a appris ce qui est vraisemblablement l'autre raison pour laquelle nous sommes tombées amoureuse de cette ville, à savoir le charmant local qui travaillait au Point Info et nous a appris que non, l'unique auberge de jeunesse de la ville était complète, avant de nous inviter chez lui "pour travailler son français". Il portait des tee-shirts moulants et des pantalons évasés comme tous les Italiens, il portait aussi le prénom du Che et avait tapissé son chez-lui, une sorte de squat aux innombrables allées-et-venues de colllocs indéfinisables, d'affiches du personnage. Il était plus vieux que nous malgré ses allures d'adolescent tombé du nid et nous a dit plus d'une fois que nous étions " des petites filles". Son accent était attendrissant, sa manie de confondre le présent et le passé, ses "Je n'avais compris" et puis ses "cia-cia-cia-ciao" lorsqu'il raccrochait au téléphone. Il avait un chat qui s'appelait Frida Kahlo et refusait qu'on la touche.Il jouait de la gratte, nous prenait chacune par un bras pour nous demander en mariage, et nous interdisait de sortir dans son quartier, peuplé de deux-rues hurlant conduits par des enfants de moins de dix ans et d'étranges locaux possédant tous un oeil crevé ou autres déformations, seules après la tombée de la nuit. Nous n'avons pu bouger de là avant quatre jours. Il nous a tout payé, du restaurant aux tickets de métro, jusqu'au vino que nous avons bu le dernier soir avec lui et son meilleur ami, tous les quatre attablés devant le plat de spaghettis al pomodoro, évidemment Angel et moi avons trop bu, je me souviens d'ailleurs m'être écroulée aux côtés de ce malicieux Napolitain à sa demande, mon "j'ai trop bu de vin" son innocent ah bon et puis son étreinte moins innocente, mains qui ouvrent un pantalon, défont un soutien-gorge, caressent toute la surface de la peau, langue qui joue avec mon piercing, je me souviens l'avoir mordu à la saignée du bras et son rire discret dans le noir. Nous sommes parties le lendemain, malgré ses "restez-restez-restez" suppliants et autres promesses à étrange double sens.

Et puis après ? La tour de Pisa est bien penchée, Venezia est bien construite sur l'eau et ça m'a donné la nausée le vaporetto, la Slovénie c'était très vert et très très différent, à Milano j'ai trouvé par terre un billet de vingt euros avec lequel j'ai acheté de la grappa du vinaigre balsamique de l'huile d'olive tout ces trucs qu'on est censé rapporter d'Italie, une continuation de périple en pointillés comme si l'on ne savait pas pertinemment que le voyage était terminé déjà, depuis l'instant précis où alors qu'on paressait sur le canapé-lit, notre Italien nous a annoncé qu'il allait mettre quelque chose pour nous et que sur la chaîne-hi-fi a retenti Noir Désir, il n'y a pas de hasard il n'y a pas de coïncidence, ai-je pensé en écoutant Le vent nous portera.

Posté par Delhicat_Raven à 12:04 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 août 2006

Retrouvailles emouvantes qwerty

Quand j'avais treize quatorze ans, toute la classe de latin ou presque est partie en Italie, enfin surtout a Rome et a Pompei de ce que je me souviens. J'avais refuse d'y aller a l'epoque parce que je destais les voyages scolaires, les voyages organises en general et l'idee de devoir mener une veritable course-poursuite, de site en site, de trajets de bus en trajets de bus, pour en voir le plus possible en si peu de temps fatigues creves somnolant sous le discours des guides. Les profs les parents les amis tout le monde avait leve les bras au ciel en apprenant ma decision, mais j'ai tenu bon. Je n'y suis pas allee non parce que le pays ne m'attirait pas, mais justement parce qu'il m'attirait, beaucoup, trop pour prendre le risque de m'en gacher les premieres impressions. Je me suis dit qu'autant attendre l'occasion d'y aller vraiment, de le visiter a ma guise, et de ne pas etre decue.

Il faut croire que j'ai finalement eu raison.

Posté par Delhicat_Raven à 19:00 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 août 2006

No Limit (à la fuite)

Août... déjà. Comme si j'avais pu le voir venir, avec tout ça. Tout ça ? Rencontres, partances hâtives [...] et une bonne dose d'alcool par-dessus. En même temps, tout ça c'est bien gentil mais ça va un moment, hein. Il y a un moment où. Je suis pour l'abus mais pas jusqu'au dégoût.

Il est temps de se remettre en route. Ce que nous faisons. Sensiblement à la même période que l'an dernier, mais cette fois-ci... côté Méditerranée, et non dans l'Est. Enfin, ce qui compte c'est le voyage. C'est le livre que j'ai placé au sommet de mes affaires, Voyage au bout de la Nuit, dans l'espoir de parvenir enfin à l'achever. Partir ailleurs. Au bout, je ne sais pas, mais essayer tout du moins, chercher l'aventure là où l'on n'est pas encore allé. Nouveaux lieux, nouveau vacarme, nouvelles odeurs et nouvelles expériences, et si ce périple au fond était quand même à relier directement à ces dernières semaines, et s'il ne renvoyait jamais qu'aux mêmes motivations que tous ceux de ces deux derniers mois, c'est-à-dire...  la fuite.

Aucune importance puisque je mangerai bientôt des pâtes à Florence

Posté par Delhicat_Raven à 19:18 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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