La vie est ailleurs

et je la cherche encore.

30 octobre 2006

Tout Tort Culminant

Près de quarante-huit heures non stop sans redescendre vraiment sur terre. Je n'avais encore jamais vu Bordeaux. Je ne l'ai toujours pas vue d'ailleurs, mon dernier souvenir précis se situant dans le train nous y emmenant, bondé en ce vendredi après-midi de départ en vacances, et nous comme tant d'autres assises dans le couloir, genoux serrés entre les mains. Le plus drôle c'est qu'il y a toujours, TOUJOURS dans ces cas-là des pékins à chaque arrêt qui cherchent à passer, "y a encore des places par là-bas ?" Mais bien sûr, voyons, on est là POUR LE PLAISIR, uniquement. Puis franchissement du marchepied, périple dans la ville jusqu'à l'appartement du frère d'Angel, et à partir de là...

Une conversation après déjà mais seulement deux verres, pouvant entrer sans mal dans la série Raven N'en Loupe Pas Une : le pré-cité qui me raconte qu'il était avec Hubert et a vu une grosse araignée, vraiment énorme, rampant au plafond, lui et Hubert était effarés, la plus grosse bête de toute la Création, alors il a crié à Hubert de faire quelque chose, et putain, heureusement qu'Hubert était là, sinon. Moi qui l'interrompt "attend t'as vraiment un pote qui s'appelle Hubert ou alors c'est, euh, un genre de blague ?" "Nan c'est moi Hubert" intervient le type qui roule à côté. Et tout le monde hurle de rire.

Cocktails mélangés à la va-vite, titubements dans les rues du quartier populaire, entassement dans la voiture toute pourrie et traversée de la ville puis de quelques banlieues à toute blinde, son à fond, du rap toujours du rap, première fois que je n'écoute que ça pendant quarante-huit heures d'affilée, première fois aussi que je vais en voir un concert. La salle est immense et lumineuse, je perd mes compagnons, me perd moi-même, observe un DJ, un chanteur bedonnant s'agiter sur scène, hésite lorsqu'ils appellent chaleureusement les filles à les rejoindre lorsque se joue Girlfriend, mais le frère d'Angel nous retient, putain non n'y allez surtout pas, et on se contente d'écouter. Retour dans un flou artistique et écroulement dès le seuil franchi, première fois que je passe toute une nuit dans un fauteuil, même confortable. Première fois aussi que je vois des barbares pareils, à dix heures du matin alors que j'hésitais entre aller vomir ou surtout ne pas bouger pour ne rien aggraver, le frère d'Angel et ses amis terminaient le wkisky-coca et roulaient un joint. Angel qui me dit que je devrais peut-être manger après tout ça fait deux jours, ben toi aussi à ce compte que je réponds, pas du tout, on a mangé des pâtes cette nuit au retour du concert nous. Ah bon, mais j'étais où moi ? Tu comatais, toi. Le soleil nous agresse les pupilles et le reste lorsqu'on sort du bouge infâme à l'odeur de bière persistante et sur le trajet Bordeaux Hell Air je me demande si le conducteur de la voiture a bien le permis, si elle va tenir, et si le spliff qu'on me tend est le troisième ou le quatrième qui circule depuis qu'on est partis. Bravo les pubs pour la Sécurité Routière, je sais. Mais c'est cela après tout la Jeunesse, ce que tant de gens ne pourront jamais comprendre, pendant que d'autres hurlent de joie entassés à neuf dans une R5 le vent et les vibrations de l'autoradio dans les oreilles et doublant à toute allure sans bien comprendre ce qu'ils font, me dis-je, tête renversée en arrière, Angel sur les genoux. Too young to die, Too fast to live.

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25 octobre 2006

Le Narcissisme n'est pas une Maladie Honteuse

Un début de journée assez vilain - en prenant le tram, je suis tombée et sur un ex, et sur des contrôleurs, cela s'appelle de la malchance. Cours mortels sur un ouvrage du XIIIème siècle et j'en passe, gratin de pommes de terre au RU n'en ayant que le nom, et crise de parano sur mon Escalier comme cela m'arrive de plus en plus souvent sur le fait que les gens ne m'aiment pas et que JE NE SUIS PAS A MA PLACE ICI. Bref, un mercredi parfaitement superflu, me dis-je en rentrant avec Angel, traversant la ville pullulant de Visigoths déambulant dans les rues ou stagnant sur les pavés, j'avais oublié que ça n'avait pas cours cet après-midi.

Et puis soudain, le monde s'éclaire, par le biais des figures, l'une réjouie, l'autre amicale, de deux Amis de Cinéma, encore, que l'on rencontre sur la place Commerce. Apostrophe du premier, qui fait quatre bises à Angel, il a l'étrange habitude de faire quatre bises l'une après l'autre, de manière appliquée, en bonjour et en au revoir, ça dure des plombes et c'est plutôt mignon. L'opération terminée avec ma meilleure amie, il se tourne vers moi "alors, Raven... Sublime Raven" Et, si je ris et remercie en levant les yeux au ciel, registre Très Drôle, j'ai néanmoins un petit coup en plein dans l'Ego. On a beau dire, ça fait toujours plaisir ce genre de phrases...

Vous savez de quoi je parle, je pense.

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22 octobre 2006

Paroles alcoolisées

C'est assez difficile au fond

*de vivre dans ce monde

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18 octobre 2006

Raven n'en loupe pas une, épisode 18106

... ou Comment Se Rendre Ridicule en trois exemples choisis (une note longue, donc)

1) Tram. Sortie de cours. Une goth aux longs cheveux, connaissance de la Fille Rousse, vient nous rejoindre le Poète et moi. Après quelques mots échangés, ledit Poète et moi-même en venons à parler du film de la semaine dernière, ouais en fait c'était pas un VRAI porno puisque pas de GROS PLANS, ouais mais des scènes INTEGRALES tout de même, et alors ? polémique et comparaisons bien détaillées, une pure discussion de lettreux, en somme, et notre compagne un peu exclue qui sourit, gênée, annonce qu'elle n'y connaît rien en cinéma. Pas bien grave je réplique, d'abord quel âge tu as ? "Juste quinze ans." HEIN ??? Euh, euh, euh, je baisse les yeux en me faisant l'impression d'être une immonde détourneuse de mineurs, pendant qu'à côté le Poète est mort de rire. Et comment je pouvais savoir, d'abord ?

2) Premier vrai contact avec un Ami de Cinéma, un peu comme les Amis à Usage Unique, posés chez moi des verres à la main, TTC qui passe puisque c'était resté dans la chaîne, excellente façon de mettre de l'ambiance, et moi qui cherche à faire la conversation par-dessus les salopes et autres suce bitch, "heum, et tu écoutes quoi comme musique, toi ?" Il me cite des trucs et des machins que j'oublie au fur et à mesure, me retourne la question en embrayant aussitôt sur la musique gothique. Bon, encore un boulet, brandissant ma vodkacoca qui se renverse, j'annonce avec emphase que ça ne veut rien dire ce terme et qu'à la rigueur on peut parler de batcave, et de citer quelques noms à mon tour, qu'il ne connaîtra de toute façon pas. "En fait, j'aurai plutôt appelé ça de la coldwawe, moi" réplique mon interlocuteur contre toute attente. Là, vous vous retrouvez vaguement idiote, le verre encore en suspension, ça, c'était pas prévu. "Heu oui en un sens mais non en fait c'est des nuances quoi très subtiles truc du milieu jt'aurai bien expliqué ça mais là, tu vois, bon, euh, t'habites chez tes parents au fait ?"

3) Angel a décidé de faire une série de photos dans l'immeuble en face du sien, un superbe bâtiment du XIXème, avec de grandes fenêtres sans vitres, sol en damier et compagnie, rien à dire jusque-là. Sauf que la porte de cet immeuble est fermée, et considérant la population de bourges qu'il abrite, personne ne risque de nous ouvrir par pure bonté d'âme. Qu'à cela ne tienne, les deux immeubles sont reliés par une cour intérieure, séparés par une simple grille. La grille est moins grande que celle de chez mes parents (les lecteurs les plus assidus se souviendront d'un épisode brillant et tragique pendant lequel j'ai vaincu ladite grille, des années auparavant), et possède de plus un barreau tranversal, que demander de mieux ? Sauf que. Cette grille-là arbore en son sommet des PIQUES. Oui, des PIQUES. Mais comme j'ai déjà décidé de pénétrer dans ce foutu immeuble, et que lorsque j'ai décidé quelque chose, plus rien ne m'arrête, sachez simplement que si j'avais fait partie de la gente masculine, j'aurai eu de sérieux problèmes... même sans cela, j'ai été vraiment à deux centimètres, maximum, de me transpercer quelque chose qui pourrait bien m'être utile un jour. Avant d'atterrir sur la poubelle qui trônait de l'autre côté, pour parfaire le tout.

J'espère que les photos seront belles, au moins...

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13 octobre 2006

Ah, les soirées étudiantes...

Bon,

plus d'alcool,

plus d'alcool,

plus d'alcool.

Non parce qu'à force on finit par se retrouver dans une salle de cinéma bondée l'oeil en face d'un porno pas si hard que ce qu'on nous avait promis, avec jeunes apollons gays, maîtresses bondage et la jeune fille coincée qui cherche à tout prix à atteindre un orgasme qui évidemment se réalisera avant la fin du long métrage sous l'oeil attendri du public ; par continuer ensuite en errant dans les rues du Vieux Nantes désertes en dehors des travaux réalisés à deux heures du matin par des ouvriers louchant vers nous et notre état d'un air goguenard, pour se poser dans un bar où joue quelques baroudeurs aux fausses intonations manouches un répertoire commençant par Dans l'port d'Amsterdam puisqu'il n'y a pas de hasard et s'achevant par La Mauvaise Réputation lors de notre sortie, pour terminer chez soi, à marcher sur le toit après avoir partagé les dernières gouttes de vodka en parts équitables pour chacun des présents qu'on ne connaît au fond absolument pas, l'un d'eux pris d'une frénésie de ménage et s'occupant à faire votre vaisselle abandonnée depuis une semaine dans votre évier tout en se trémoussant sur TTC, pendant que de votre côté vous balancez des pommes de terre aux passants innocents. Et là, il serait peut-être temps de commencer à se poser des questions. Peut-être.

Posté par Delhicat_Raven à 08:43 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 octobre 2006

Si vis pacem...

Les concerts se passent toujours de la même manière en ce moment : je passe les vingt premières minutes à observer les gens d'un air méprisant, bras croisés, bon, cette fois j'y vais pas, d'abord y a que des djeunz, de la gadoue au sol, sont à un mètre l'un de l'autre, savent pas ce que c'est qu'un pogo bande de ploucs tout se perd, j'y vais pas. Mais je me rapproche peu à peu, sensiblement, jusqu'à ce que : et merde. Je plonge. C'est exactement l'impression que donne le geste, se laisser submerger par cette masse mouvante de bras de jambes et de torses qui s'agitent, avec résignation. Non. Il s'agit d'un défi sans cesse renouvelé, me prouver que je peux être, que je suis toujours à la hauteur. Tous ces représentants de la gente masculine qui me regardaient d'un air inquiet-protecteur et parfois même me conseillaient d'aller plus loin, c'est pas pour les fillettes ces trucs-là, eh, oh, allez jouer les Saint-Bernard ailleurs, merci. Quand je suis tombée, l'un d'eux m'a même hurlé dans les oreilles RELEVE-TOI RELEVE-TOI, et qu'est-ce que tu crois que j'essaie de faire, connard, cueillir des pâquerettes ? Reprendre son équilibre, se retailler sa place à coups de latte, se péter la voix à hurler les paroles ou hurler tout court. Cette fois-ci, j'ai frappé aussi fort que possible.

C'est vraisemblablement pour cette raison que ma main était d'un beau violet, dimanche, sur toute sa surface. Je m'amuse depuis lors à observer l'évolution de mes bleus, leurs différents coloris. J'ai encore plus mal aux dents qu'avant, ayant entendu un sinistre craquement après m'être pris un coude dans le menton. Sans parler du coquard et de la lèvre éclatée d'Angel.

Ce que je préfère, avec Parabellum, c'est qu'ils reprennent Dans l'port d'Amsterdam et Wonderfull world. Non parce que pogoter sur Brel et Armstrong, c'est quand même la classe...

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06 octobre 2006

La consécration ?

Tapie à l'extrémité de ma mâchoire, au plus loin qu'on puisse imaginer, invisible à l'oeil nu, perce une nouvelle dent dans ma gencive. C'est douloureux. Un peu ridicule, aussi.. enfin, est-ce que j'ai six mois d'existence pour avoir de ces petits choses qui poussent en moi, comme ça, sans crier gare ? Oui, je sais. On appelle ça les Dents de Sagesse et il y en a même plusieurs. Cela signifierait donc que je vais enfin devenir sage, quelle perspective réjouissante. Sauf que ce n'est pas demain la veille.

Au fond, je comprends de moins en moins le Monde. Et paradoxalement, je l'aime de plus en plus.

La_Femme_Voil_e

Posté par Delhicat_Raven à 17:44 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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